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Marie-Josée Carrière, accompagnante à la naissance
Pour beaucoup de femmes, l’accouchement par césarienne n’est pas souhaité, et il est parfois vécu comme un échec. Certaines souhaiteront même éviter une autre grossesse, pour ne pas repasser sous le bistouri.
Pourtant, la majorité de ces femmes devraient se faire offrir un accouchement vaginal malgré la césarienne qu’elles ont subie dans le passé. La Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada (SOGC) recommande qu’«en l’absence de contre-indications, une femme ayant déjà subi une césarienne segmentaire transversale devrait se voir offrir un essai de travail». Ce qui représente la grande majorité des cas!
Il est prouvé que l’accouchement vaginal après césarienne, communément appelé «AVAC», comporte moins de risques qu’une césarienne itérative autant la mère que pour le bébé.
Pour la mère, les risques d’infections postopératoires sont seulement de 2 à 4% lors d’un accouchement vaginal, comparativement à 35% lors d’une césarienne. On note aussi une diminution dans les risques d’hémorragie et de blessures. Sans compter le net avantage d’une récupération plus rapide, d’une diminution des cas de dépressions post-partum et d’un contact plus rapide et prolongé avec le bébé.
Les médecins parlent souvent des risques de rupture utérine lors d’un AVAC. Il faut savoir que ces risques sont de l’ordre de 0,40%, comparativement à 0,32% lors d’une césarienne itérative. Est-ce que cette dernière est vraiment plus sécuritaire?
On note aussi chez le bébé né par voie naturelle un meilleur développement et fonctionnement des poumons à la naissance, de meilleurs résultats au test d’Apgar et une diminution des risques de blessures.
Encore plus que pour un accouchement «normal», l’AVAC demande une bonne préparation, ainsi qu’une grande confiance en son corps. L’accouchement vaginal après césarienne demande aussi une grande détermination de la future maman, du soutien de son entourage immédiat, et surtout, un médecin et un centre hospitalier qui encourage ce type d’accouchement. Personnellement, je crois qu’un outil important au succès d’un AVAC est la présence d’une accompagnante à la naissance. L’accompagnante saura vous informer sur les façons d’optimiser vos chances de réussir votre accouchement vaginal, et comme elle a une grande confiance dans le corps des femmes, elle pourra sûrement vous la transmettre.
Reste que quelquefois, malgré la meilleure des préparations, certains accouchements vaginaux après césarienne se terminent tout de même par une autre césarienne. Et ce n’est la faute de rien ni personne! Il ne faut pas vivre cela comme une défaite. Vous pouvez en ressortir grandie, et encore mieux préparée pour la prochaine fois. Car oui, il est possible de tenter un AVAC après 2 ou même 3 accouchements par césarienne!
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Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les risques de la césarienne, je vous suggère la lecture de Césarienne: questions, effets, enjeux du Dr Michel Odent.
Pour en connaître davantage sur notre collègue.